Je suis depuis toujours fascinée par la lumière, par ce qu'elle provoque en moi et sur ma vision des choses et mon imaginaire.

Au hasard d'un rayon de soleil, ou d'une ombre; comment elle anime un paysage, un visage, une sculpture, une photographie...

Elle est au cœur de ma création. Tout comme la quête de l'harmonie; l'harmonie des volumes, des matières, des pleins et des vides...

 

Dans mon travail avec la terre, la porcelaine, lumineuse et translucide, s'est un temps imposée au travers de la technique de la lithophanie de porcelaine, une réponse parfaite alors à ma démarche, une façon aussi de faire le pont avec mes premières amours, l'image, le cinéma et mon attirance pour le travail du verre.

 

J'ai utilisé cette technique du 19ème siècle, comme un révélateur. En faisant apparaître la lumière dans mes sujets, je cherchais à attirer le regard sur l'ombre.

Ainsi, en les faisant se répondre plus qu'en les opposant, j'invitais le spectateur à rentrer dans le cœur de l’œuvre, en utilisant parfois la radiographie comme angle de vue.

 

Mais c'est  au modelage, par lequel, dès l'enfance, j'ai découvert le travail de  la terre, que je me consacre à nouveau.

Je sculpte des pièces uniques, en grès, en explorant un monde très personnel, entre mythe et réalité, où l'homme et l'animal se côtoient et se mélangent, où la nature, magique et puissante, est omniprésente et source inépuisable d'inspiration.

Je travaille de manière très intuitive et sensorielle, presque instinctive, l'argile étant, en cela, la matière idéale pour renouer avec notre mémoire archaïque.

 

 

Annick Thiaville